Exposition Post Tenebras Lux (Genève - Suisse)

 Quelques photos de l’exposition POST TENEBRAS LUX au Musée de l’Ariana de Genève (Suisse). 


L’exposition « Post Tenebras Lux » donne accès à plus de 200 œuvres méconnues, extraites pour l’occasion des réserves municipales genevoises. « Après les ténèbres, la lumière » : laissez-vous éblouir par un art étincelant, présenté dans le somptueux écrin de l’Ariana. Avec une collection de vitraux datés des années 1140 à 2007, le Musée Ariana conserve un ensemble remarquable, provenant principalement de Suisse et des régions limitrophes. Ce corpus se démarque par ses 370 pièces figurées, comme autant d’histoires à découvrir. 

« Le vitrail représente la lutte des ténèbres et de la lumière, des ténèbres colorées contre la lumière






Armoiries de Gustave Revilliod, Genève, Suisse, 1847
Vitrail au plomb, verre incolore et coloré, verre doublé gravé à l’acide sur le recto et le verso, grisaille, jaune d’argent, émail bleu 


Processus de création d’un vitrail au plomb 
















 







Suite des photos…



Vitrail ornemental. Haut-Rhin (France); 14 ème siècle 
Vitrail au plomb, verre incolore et coloré, grisaille.
Encadrements (verre opaque noir) de la fin 19 ème


La technique du jaune d’argent 

Le jaune d’argent appartient à la famille des couleurs de cémentation. Pouvant varier du jaune clair au brun orangé foncé, sa coloration est obtenue grâce à l’emploi de sels métalliques (chlorure, iodure ou encore sulfure d’argent). Ces derniers sont appliqués sur le verre après avoir été mélangés à de l’ocre ou de l’argile calcinée, puis dilués à l’eau. Ils pénètrent dans la masse du verre lors d’une cuisson à environ 600 degrés, permettant de lui donner cette teinte jaune particulière. Au contraire de la grisaille et des émaux, qui laissent une épaisseur à la surface du verre, le jaune d’argent demeure imperceptible au toucher.

Vitrail avec du jaune d’argent 


Vitrail avec du jaune d’argent


Le vitrail de l’Escalade
Pièce d’exception, le vitrail dit « de l’Escalade » illustre un célèbre épisode historique, survenu à Genève dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602: la résistance et la victoire des Genevois, face aux troupes du duc de Savoie. La scène restitue ici le moment de l’attaque, avec une vue fidèle de la face sud de la ville au 17 ème siècle. Les assaillants tentent d’escalader les remparts au moyen d’échelles et d’envahir la cité en forçant ses portes d’accès. Fortement remanié au fil des siècles, ce vitrail a vu plusieurs de ses éléments de verre retirés au 20 ème.



Aigle avec armoiries non identifiées 
Suisse ?, 1850-1900
Vitrail au plomb, verre coloré, verre doublé gravé à l’acide, grisaille, jaune d’argent, émail bleu 



Vitrail de bailliage
Ce type de vitrail s’inscrit dans la tradition des vitraux de bailliage de l’ancienne confédération suisse, avant la proclamation de la république helvétique de 1798. Ce type de composition était également répandu dans les corporations suisses. Au centre sont toujours représentés les armoiries du commanditaire, généralement une ville ou un canton, alors qu’autour figurent les armoiries des donateurs ayant participé à la fabrication de l’oeuvre.



Armoiries de la corporation des tireurs de Schaffhouse
Otto Lehmann, Munich (Allemagne), vers 1880
Vitrail au plomb, verre incolore et coloré, verre doublé gravé à l’acide, grisaille, jaune d’argent, sanguine, émail vert. Restauré par l’atelier Pinto (Tusson, France) en 2022.



Chimie et alchimie au travers des siècles.
Commandé par l’entreprise suisse de parfumerie Givaudan, ce vitrail monumental trônait auparavant dans l’entrée du bâtiment de la direction à Vernier (canton de Genève, Suisse).
Mêlant une multitude d’éléments énigmatiques et de figures mystérieuses, cette illustration complexe de la Science joue sur différents symboles scientifiques, alchimiques et ésotériques connus, tels que le dragon, le soleil et la lune, dont certains sont inspirés de gravures illustrant des traités d’alchimie publiés au 17 ème siècle.



Un vitrail monumental d’exception 

Commande du musée des arts décoratifs de Genève, le cygne fantastique permet de rappeler la complémentarité entre artistes et maîtres verriers. Imaginé par Jean Mittey, professeur à l’école des arts industriels de Genève, le dessin préparatoire est confié à un atelier genevois pour sa réalisation sur verre.

Si la destination originelle du vitrail reste à ce jour inconnue, la présence d’un système de poulie suggère un accrochage en hauteur, avec la possibilité de faire coulisser le panneau sur un rail.

Cette pièce témoigne d’une grande maîtrise technique et constitue l’un des chefs-d’œuvre de la collection du musée de l’Ariana.


Cygne fantastique 
Joseph Mittey (1853-1936), atelier Marius Enneveux & Bonnet (1891-1906), Genève (Suisse), 1898.
Vitrail au plomb, verre incolore et coloré, verre chenillé, verre opalescent, verre gavé à l’acide, grisaille, jaune d’argent, sablage, cabochons, cives.
Restauré par l’atelier Pinto (Tusson, France) en 2024.